Réponse courte : le Québec n’exige aucun permis ni certificat pour couper des cheveux contre rémunération, mais ouvrir un salon demande une demi-douzaine d’inscriptions, dont deux à faire dans les 60 jours. La coiffure est un métier non réglementé, avec un certificat de qualification professionnelle facultatif, et le décret des coiffeurs de l’Outaouais a été abrogé en 2020. Cet article passe en revue, dans l’ordre, l’immatriculation, la TPS et la TVQ, la CNESST et la paie, la Charte de la langue française, la protection du consommateur, la Loi 25, et ce qu’il faut vérifier dans un logiciel de réservation pour un salon québécois. Vérifié le 22 octobre 2026.
Faut-il un permis pour être barbier au Québec?
Non. Le gouvernement du Québec classe la coiffure parmi les métiers non réglementés visés par un certificat de qualification professionnelle : le CQP s’obtient après un apprentissage de 12 mois avec un diplôme d’études professionnelles (DEP) en coiffure, ou de 24 mois sans, et il est reconnu par le programme Sceau rouge, mais personne n’est tenu de l’avoir pour travailler. Le guide des exigences par province compare le Québec aux six provinces qui exigent une certification.
La seule exception régionale n’existe plus. Le Décret sur les coiffeurs de la région de l’Outaouais, qui imposait une carte de qualification et un salaire minimum aux coiffeurs de Gatineau et des environs, a été abrogé le 15 juillet 2020 par le décret 715-2020, comme l’a annoncé le ministre du Travail. Un barbier de l’Outaouais relève aujourd’hui des mêmes règles que le reste de la province.
1. Immatriculer l’entreprise (60 jours)
Une personne physique qui exploite une entreprise individuelle sous un nom qui ne comprend pas son nom de famille et son prénom doit s’immatriculer au Registraire des entreprises dans les 60 jours suivant le début des activités; elle reçoit alors un numéro d’entreprise du Québec (NEQ). « Salon Marc Tremblay » peut s’en passer; « Barbier du Plateau » ne le peut pas. Une société par actions s’immatricule d’office à sa constitution. Le choix entre les deux formes, et ce qu’il change pour l’impôt, est traité dans le guide entreprise individuelle ou société par actions.
2. S’inscrire à la TPS et à la TVQ
Un barbier inscrit facture 5 % de TPS et 9,975 % de TVQ sur chaque coupe et chaque produit, les deux sur le prix avant taxes, et l’inscription devient obligatoire dès que les ventes taxables dépassent 30 000 $ dans un trimestre ou sur quatre trimestres consécutifs. Au Québec, c’est Revenu Québec qui administre les deux taxes, donc une seule inscription, par le service Inscription d’une entreprise en démarrage, et une seule déclaration combinée. Une chaise à temps plein dépasse 30 000 $ dès sa première année : inscrivez-vous dès le départ et récupérez la TPS et la TVQ payées sur le loyer, les produits et le logiciel. Le guide sur la TPS et la TVQ pour les barbiers fait le calcul ligne par ligne.
3. S’inscrire à la CNESST et préparer la paie (60 jours)
Dès que vous avez au moins une travailleuse ou un travailleur, à temps plein ou à temps partiel, vous devez vous inscrire à la CNESST dans les 60 jours du premier jour de travail de cette personne. La prime se paie ensuite par versements périodiques à Revenu Québec, en même temps que les retenues à la source, et la déclaration annuelle des salaires va à la CNESST; le taux moyen 2026 est de 1,54 $ par tranche de 100 $ de masse salariale, le taux réel dépendant de votre unité de classification.
La paie québécoise a plus de lignes que celle des autres provinces : le Régime de rentes du Québec (RRQ) remplace le RPC, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) s’ajoute à une assurance-emploi fédérale à taux réduit, et l’employeur verse la cotisation au Fonds des services de santé (FSS) et la cotisation relative aux normes du travail. L’impôt du Québec, le RRQ et le RQAP se déclarent sur le relevé 1 à Revenu Québec, et le T4 va à l’ARC. Les taux changent chaque janvier; la page de Revenu Québec sur les principaux changements pour l’employeur les liste. Un barbier qui loue une chaise n’est pas un employé : aucune retenue québécoise ne s’applique à ses revenus, mais le propriétaire du salon reste réputé l’employeur pour l’assurance-emploi fédérale, et en paie les deux parts, comme l’explique le guide sur l’AE des locataires de chaise.
4. Respecter la Charte de la langue française
La Charte de la langue française suit le client de la vitrine jusqu’au reçu. L’article 5 donne aux consommateurs le droit d’être informés et servis en français; l’article 52 exige que les catalogues, brochures et documents de même nature, quel qu’en soit le support, donc votre site Web et votre page de réservation, soient rédigés en français; l’article 57 exige que les factures, les reçus et les quittances soient en français; et l’article 58 exige un affichage public en français, une autre langue étant permise si le français est nettement prédominant. Depuis le 1er juin 2025, l’article 58.1 impose que, même quand une marque de commerce est affichée dans une autre langue, le français figure de façon nettement prédominante dans l’affichage visible de l’extérieur, comme le détaille l’Office québécois de la langue française.
Deux articles touchent directement vos outils. L’article 52.1 dit que tout logiciel doit être disponible en français, à moins qu’il n’en existe aucune version française, et l’OQLF précise qu’un employeur met la version française à la disposition de son personnel quand elle existe. L’article 139 oblige une entreprise qui emploie 25 personnes ou plus pendant six mois à s’inscrire auprès de l’Office et à entreprendre une démarche de francisation, un seuil abaissé de 50 à 25 le 1er juin 2025. Un salon de quatre chaises n’atteint pas ce seuil; une petite chaîne peut l’atteindre.
5. Prix annoncé, frais de carte et pourboires
La Loi sur la protection du consommateur ajoute trois règles de caisse. L’article 224(c) interdit d’exiger un prix supérieur au prix annoncé, qui doit comprendre tout ce que le client paiera, sauf la TPS et la TVQ; l’Office de la protection du consommateur en tire que les frais pour paiement par carte de débit ou de crédit sont interdits, qu’une affiche le signale à la caisse ou non. Depuis le 7 mai 2025, l’article 225.1 exige que les pourboires suggérés sur un terminal soient calculés sur le prix avant taxes, présentés de façon uniforme, avec une option pour entrer son propre montant. Un terminal réglé pour les États-Unis ou l’Ontario ne respecte ni l’un ni l’autre par défaut.
6. La Loi 25 : vos clients et leurs données
Dès que vous gardez un nom et un numéro de téléphone, la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé s’applique en entier : un responsable désigné et publié, une politique de confidentialité en termes simples, un consentement par fin, un registre des incidents, une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant de confier vos données à un logiciel hébergé hors Québec, et la portabilité sur demande. Le guide la Loi 25 pour un salon de barbier détaille chaque obligation et la marche à suivre.
7. La municipalité
Le permis d’exploitation, le certificat d’occupation, l’affichage et, dans certaines villes, l’inspection des salons relèvent de l’arrondissement ou de la municipalité, et les règles changent d’une ville à l’autre. Avant de signer un bail, confirmez auprès de votre municipalité que l’usage « salon de coiffure » est permis à l’adresse, et quels permis et frais s’appliquent.
Choisir un logiciel de réservation pour un salon québécois
Un logiciel conçu pour les États-Unis ou le reste du Canada rate souvent trois règles québécoises à la fois. Avant de signer, vérifiez ces six points :
- Deux lignes de taxes. La TPS et la TVQ se calculent chacune sur le prix avant taxes et s’impriment sur deux lignes; le taux combiné de 14,975 % ne doit jamais paraître sur le reçu.
- Débit Interac et Tap to Pay sur iPhone. Interac est la carte la plus répandue au pays; depuis mai 2024, Tap to Pay sur iPhone accepte Interac, Visa, Mastercard, Amex et Apple Pay sur un iPhone XS ou plus récent, sans terminal.
- Pas de frais de carte, pourboires avant taxes. Le logiciel ne doit pas pouvoir ajouter de frais pour paiement par carte, et les pourboires suggérés doivent se calculer sur le prix avant TPS et TVQ.
- Reçus, messages et affichage en français. Vos reçus et vos rappels sont des documents commerciaux visés par la Charte; vérifiez que vos textes aux clients peuvent être rédigés en français.
- Les données de carte chez un processeur certifié PCI, jamais dans le logiciel lui-même, et une exportation complète de vos dossiers clients dans un format structuré, pour la Loi 25 et pour le jour où vous changerez d’outil.
- Une version française, si elle existe. L’article 52.1 de la Charte oblige l’éditeur d’un logiciel à le rendre disponible en français dès qu’une version française existe; demandez au fournisseur ce qu’il offre, et dans quelle langue sortent ses reçus et ses rappels automatiques.
BarberFlow coche les six points : un modèle de taxes Québec qui applique la TPS et la TVQ sur deux lignes, Débit Interac et Tap to Pay sur iPhone, aucun frais de carte au client, des données de carte qui ne transitent jamais par le stockage ordinaire, une exportation de vos données dans un format portable, et une interface, des reçus et des rappels automatiques offerts en français. Les Blasts et les Loops que vous rédigez vous-même partent dans la langue que vous choisissez.
Comment configurer un salon québécois dans BarberFlow
Configurer un salon québécois dans BarberFlow
- 1Créez l’emplacement
Cliquez sur Settings dans la barre du haut, puis sur Locations, et ouvrez votre emplacement du Québec. Chaque emplacement a ses propres taxes, donc une succursale d’Ottawa garde sa TVH.
- 2Choisissez le modèle de taxes Québec
Dans l’onglet Settings de l’emplacement, cliquez sur Edit sous Taxes et choisissez Quebec sous Regional templates : TPS à 5 % et TVQ à 9,975 %, toutes deux sur les services et les produits, chacune sur le prix avant taxes.
- 3Entrez votre numéro de TPS
Sous Settings → Company Settings, inscrivez votre numéro d’inscription dans GST/HST Number. BarberFlow n’a pas de champ pour le numéro de TVQ : gardez-le dans vos dossiers.
- 4Activez Tap to Pay sur iPhone
Dans Settings, activez Tap to Pay; Apple vérifie l’appareil en une minute environ. Chaque barbier encaisse ensuite Interac, les cartes et Apple Pay sur son propre iPhone, et le reçu part dès que le paiement passe.
Voyez comment BarberFlow gère la TPS et la TVQ par emplacement
Modèles de taxes par province, deux lignes sur chaque reçu, et une exportation par période pour votre déclaration combinée.
Les cinq erreurs que les nouveaux salons font le plus
- Attendre 30 000 $ pour s’inscrire aux taxes. Vous perdez les CTI et les RTI sur le loyer, les tondeuses et le logiciel pendant des mois, et vous risquez de franchir la ligne sans vous en apercevoir.
- Oublier la CNESST au premier employé. Le délai est de 60 jours à partir du premier jour de travail, pas de la première paie.
- Ajouter des frais pour paiement par carte. C’est interdit au Québec, qu’une affiche le signale ou non.
- Afficher une enseigne en anglais seulement. Depuis le 1er juin 2025, le français doit être nettement prédominant même autour d’une marque de commerce.
- Utiliser un logiciel infonuagique sans EFVP. L’hébergement hors Québec est permis, mais seulement avec l’évaluation et une entente écrite.
Questions fréquentes
Faut-il un permis pour ouvrir un salon de barbier au Québec?
Aucun permis de barbier ni certificat de coiffure n’est exigé au Québec; le certificat de qualification professionnelle est facultatif. Le salon doit par contre s’immatriculer, s’inscrire à la TPS et à la TVQ, s’inscrire à la CNESST s’il a des employés, et obtenir les permis de sa municipalité.
Le décret des coiffeurs de l’Outaouais s’applique-t-il encore?
Non. Le Décret sur les coiffeurs de la région de l’Outaouais a été abrogé le 15 juillet 2020. Il n’y a plus de carte de qualification obligatoire, de comité paritaire ni de salaire décrété pour les coiffeurs de cette région.
Dans quel délai faut-il immatriculer un salon de barbier?
Dans les 60 jours suivant le début des activités, si l’entreprise individuelle porte un nom qui n’inclut pas le nom et le prénom du propriétaire. Une société par actions est immatriculée à sa constitution.
Quand faut-il s’inscrire à la CNESST?
Dans les 60 jours du premier jour de travail de votre premier employé, à temps plein ou à temps partiel. Un locataire de chaise travailleur autonome ne déclenche pas l’inscription.
Les reçus et le logiciel d’un salon doivent-ils être en français?
Les reçus, oui : l’article 57 de la Charte de la langue française l’exige. Pour le logiciel, l’article 52.1 oblige l’éditeur à le rendre disponible en français dès qu’une version française existe; s’il n’en existe aucune, l’exigence ne s’applique pas.
Un salon de barbier au Québec peut-il ajouter des frais pour paiement par carte?
Non. L’article 224 de la Loi sur la protection du consommateur interdit d’exiger un prix supérieur au prix annoncé, et l’Office de la protection du consommateur précise que des frais pour paiement par carte de débit ou de crédit sont interdits.
Liste de vérification
- Immatriculez l’entreprise au Registraire dans les 60 jours si elle porte un autre nom que le vôtre.
- Inscrivez-vous à la TPS et à la TVQ auprès de Revenu Québec dès le premier jour.
- Inscrivez-vous à la CNESST dans les 60 jours du premier jour de votre premier employé.
- Affichage, site Web, reçus et messages en français; logiciel en français s’il en existe une version.
- Aucun frais de carte; pourboires suggérés calculés avant taxes.
- Nommez un responsable, publiez une politique de confidentialité, ouvrez le registre des incidents et faites l’EFVP de votre logiciel.
- Confirmez l’usage, le permis et les frais auprès de votre municipalité avant de signer le bail.
Vous louez des chaises? Le modèle de contrat de location de chaise et le guide sur la TPS et la TVQ pour les barbiers couvrent le loyer et les taxes qui s’y rattachent. Vous ouvrez plutôt en Ontario? Voyez comment ouvrir un salon de barbier en Ontario.
- Coiffeuse ou coiffeur : certificat de qualification professionnelle — Gouvernement du Québec
- Décret sur les coiffeurs de la région de l’Outaouais (abrogé le 15 juillet 2020) — Légis Québec
- Abrogation du Décret sur les coiffeurs de la région de l’Outaouais (30 juin 2020) — Gouvernement du Québec
- Immatriculer une personne physique exploitant une entreprise individuelle — Registraire des entreprises du Québec
- Comment vous inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ — Revenu Québec
- Inscription à la CNESST — CNESST
- Taux moyen de cotisation 2026 — CNESST
- Versements périodiques de la prime d’assurance relative à la santé et à la sécurité du travail — Revenu Québec
- Employeur : principaux changements 2026 — Revenu Québec
- Charte de la langue française, RLRQ c. C-11, art. 5, 52, 52.1, 57, 58, 58.1 et 139 — Légis Québec
- Changements législatifs à la Charte de la langue française — Office québécois de la langue française
- Francisation des entreprises — Office québécois de la langue française
- Frais interdits pour paiement par carte — Office de la protection du consommateur
- Pourboire : montants suggérés — Office de la protection du consommateur
- Loi sur la protection du consommateur, RLRQ c. P-40.1, art. 224 et 225.1 — Légis Québec
- Apple lance Tap to Pay sur iPhone au Canada (23 mai 2024) — Apple